Une semaine à vélo dans les Cévennes

Les Cévennes à vélo

Pour l’été 2020, nous avions prévu de sortir notre atlas-guide « Le CRI des Cévennes », un maillage de routes et de pistes idéales pour la cyclo-itinérance.

Maintenant que nous accompagne au quotidien notre fidèle toutou, nos habitudes de pédalage ont un peu changé : moins de bitume et davantage de pistes forestières.

Nous devons faire attention de ne pas tomber dans la pratique VTT, trop technique ou sportive pour le voyage avec bagage et assistance musculaire…

Au déconfinement, nous avons enfourché nos montures pour une semaine de reconnaissance sur ces nouvelles pistes cyclables et routes méconnues.

Au programme : des tronçons à vérifier, à valider… et ceux auxquels nous devrons renoncer.

On vous emmène dans nos sacoches pour une semaine à vélo dans les Cévennes, au départ de Florac !

Le CRI des Cévennes est avant tout un outil complet à l’élaboration de votre propre itinéraire dans les Cévennes.

Pour vous, nous avons reconnu et détaillé un maillage de 128 tronçons de routes et pistes pour plus de 2300 kilomètres de plaisir cyclo-itinérant. Sans oublier son fidèle compagnon numérique, la WebApp entièrement gratuite lecridescevennes.fr qui détaille chaque tronçon avec les profils topographiques, informations utiles, touristiques, géographiques et historiques. Il vous aidera vous aussi à bien préparer votre cyclo-itinérance dans les Cévennes !

Le CRI des Cévennes est disponible à la vente sur Cartovelo.

Le cri des Cévennes

1er objectif : Le Bougès à vélo

Sur la carte, nous avions repéré une superbe trace reliant le Signal du Bougès et celui du Ventalon. Il s’agit d’une crête d’une dizaine de kilomètres avec des vues à 360°.

Le hic ? De piste, la trace devenait sentier monotrace, sur une portion au gros dénivelé. Qu’à cela ne tienne, la promesse du panorama était trop tentante pour être esquivée. Nous voici en route vers le col du Sapet, par une piste forestière qui mène au Bougès depuis Bédouès.

C’est parfait pour se mettre en jambe et permettre à Kiwi de se dégourdir les pattes à côté des vélos. Nous longeons les premières falaises bordant le Haut Tarn. Ce ne sont pas encore les gorges, mais on sent que la rivière veut creuser son lit au plus profond des terres lozériennes.

Sur les rives du Haut Tarn

L’ascension du Bougès se fait à petits coups de pédale souples. Le paysage s’éclaircit pour faire apparaitre tour à tour les vues de chaque versant du massif. On aperçoit le Mont Lozère d’un côté et les Puechs des Bondons et le Mont Aigoual de l’autre côté.

Notre arrivée au Col du Sapet nous en met plein les yeux. La saison est parfaite pour apprécier les couleurs et l’odeur des genêts en fleur. Après une petite après-midi d’à peine plus de 20 kilomètres, nous rejoignons une amie dans le hameau de Mijavols.

Nous y passerons la nuit pour reprendre des forces avant de nous attaquer au premier défi : le Signal du Bougès. Mais est-ce que la piste sera praticable en gravel/VTC itinérant ?

En tout cas, une chose est sûre, nous pouvons valider la piste forestière de Bédouès au col du Sapet ! Son nom de code : ML-17 !

En arrivant au Col du Sapet par la ML-17

Le défi

Nous quittons Mijavols pour reprendre notre route et nous diriger directement vers le Signal du Bougès. Il faut un peu pousser les vélos pour récupérer la crête, mais le sentier de GR qui nous attend est splendide.

Nos cartes ne nous ont pas menti, les panoramas attendus sont bel et bien là ! Par contre, nos craintes en matières de pente se sont aussi révélées correctes (parfois plus de 20% sur de la caillasse non stabilisée).

De (très) longues centaines de mètres de poussage ardu auront raison de notre volonté de placer ce tronçon dans le CRI des Cévennes.

Si cette crête n’est pas adaptée à la cyclo-itinérance qui nous est chère, nous y reviendrons à pied, c’est sûr.

Arrivée au signal du Bougès et son magnifique panorama

Notre route continue à la force des biceps et des mollets, et nous arrivons non sans mal au sommet du Bougès.

De l’autre côté du Signal du Bougès part notre tronçon suivant qui relie le Plan de Fontmort et Cassagnas, dans la Vallée Longue, au Mont Lozère.

Cette fois-ci, nous le prenons dans le sens de la descente et découvrons une piste forestière très agréable et ombragée au « revêtement » assez compact. De quoi ravir les roues de « Papy fait de la résistance » et « Wapo », nos deux montures, et les pattes de Kiwi.

Ce tronçon-ci sera validé. Son nom de code : VC-17 !

Sur la trace des Camisards

Notre premier contact avec les Camisards au lieu-dit « Les Trois Fayards » est un hêtre multi-centenaire. En effet, il fut témoin du rassemblement des trois principaux chefs protestants à l’aube de la fameuse Guerre des Camisards en 1702.

Nous arrivons alors en contre-bas du Signal du Bougès, et continuons sur la VC-17 pour rejoindre le Plan de Fontmort. Ici, se dresse un obélisque en leur honneur.

Nous profitons de la belle aire de pique-nique pour prendre notre pause midi… La Vieille Morte, célèbre légende locale, y est également passée pour y déposer son enfant mort (Font « enfant » – Mort). Nous en apprenons plus sur son cruel chemin de croix.

Le début de ce périple a été éprouvant physiquement. Heureusement, cet après-midi nous promet de la descente par la petite route étroite et typique du Valat de Trabassac. Le tronçon VC-6 est très vite validé pour sa beauté !

Kiwi se la coule douce dans sa remorque, alors que la pente parfois très raide de cette route nous rappelle qu’il est important dans les Cévennes de bien choisir le sens de sa boucle…

Sauf si on tient absolument à se faire les mollets !

Dans le Valat de Trabasac

Nous voilà maintenant dans la Vallée Française, que nous ne ferons que traverser. Nous décidons de poser notre tente dans un pré avant de nous lancer à l’assaut du Col de l’Exil.

Surfer sur les crêtes des vallées

A chacun son rythme de pédalage sur une journée. Celui qui nous convient le mieux est un bon col au petit-déjeuner.

C’est donc sans trop de problème que nous empruntons le tronçon VC-20. C’est un tronçon de liaison en montagnes russes qui traverse plusieurs vallées cévenoles.

Nous rejoignons alors Saint-Roman-de-Tousque sur la Corniche des Cévennes et redescendons directement pour atteindre la très tranquille Vallée Borgne (tronçon VC-9). Encore un nom évocateur qui nous fait voyager dans la géographie, l’Histoire et les légendes…

Nous quittons finalement la Vallée Borgne pour reprendre un peu de hauteur jusqu’au Col de l’Asclier et son pont Moutonnier. Nous validons le tronçon MA-15, qui nous permet de découvrir le magnifique hameau de l’Abric, un petit joyau dans son écrin de verdure.

Midi approche et la température grimpe aussi… Nous sommes heureux de n’être qu’au printemps !

La Vallée et Borgne (à gauche) et le hameau de l’Arbric (à droite)

L’arrivée au sommet du Col de l’Asclier marque notre pause de midi. Le site est splendide, une belle table de pique-nique, une source d’eau fraîche et une magnifique vue. Que demander de plus pour se poser et digérer ! Cet après-midi, nous attend un bon bout de piste…

Direction le Rocher de l’Aigle, toujours sous la surveillance de Saint-Roman-de-Tousque depuis sa corniche. Nous allons tester cette fois-ci le tronçon MA-19 pour traverser en mode nature les montagnes de la Fage et du Liron. Mais avec un petit changement au programme : Initialement, nous avions prévu de faire une petite boucle pour le remonter.

Cependant, au vu de notre programme chargé et du retard pris, nous avons l’excellente idée de prendre ce tronçon dans le sens de la descente!

Sur les pistes de la montagne du Liron

Ce qui nous rappelle l’importance d’être flexible sur l’itinéraire pour faire face à tout type d’imprévu et nous enseigne qu’un kilomètre de piste en vaut bien deux sur bitume, même en descente !

Les pistes cyclables, les kilomètres et l’impression de difficulté

Nous descendons, certes, mais notre habitude de la route joue avec notre mental. Et nous ne sommes pas de l’après-midi ! Malgré la beauté de la piste, les vues magnifiques et le sentiment de liberté au maximum, la fatigue arrive plus vite que prévu.

Contrairement à Kiwi qui dévale la piste à toute vitesse ! Ce tronçon MA-19, c’est indiscutable, figurera dans notre CRI des Cévennes. Mais les 1000 mètres de dénivelés en à peine 28 km nous poussent à la recommander dans le sens de la descente.

Bivouac au col de la Pierre Levée

Après une excellente nuit de sommeil, nous voilà prêts à continuer cette longue descente vers une des portes des Cévennes.

Nous profitons de notre bref passage dans la civilisation à Saint-Roman-de-Codières pour nous recharger en eau et admirer sa tour et son église romane.

Plus tard, nous nous enfonçons sur les pistes de la Montagne de la Fage sur une dizaine de kilomètres jusqu’aux Gorges de la Cadière. C’est une porte des Cévennes minérale qui contraste avec les Cévennes boisées que nous venons de traverser.

Belles rencontres à vélo dans les Cévennes

Les derniers kilomètres de pistes de la montagne de la Fage sont très caillouteux et ne sont pas intéressant visuellement.

Nous modifierons donc légèrement le tracé du tronçon MA-19. Une fois retourné sur le bitume pour traverser les Gorges de la Cadière, nous nous rendons compte que ces derniers km de pistes ont eu raison d’un des pneus du carrosse de Kiwi.

Et bien sûr, aujourd’hui, c’est férié ! Nous arrivons tant bien que mal à La Cadière pour réfléchir à notre stratégie de suite de voyage.

Ceux qui ont l’habitude de voyager à vélo le confirmeront, c’est toujours dans les moments de galère que les belles rencontres s’opèrent.

C’est à ce moment précis que Jean-Claude et Fanchon rentrent par la grande porte dans notre récit de voyage ! Ils nous proposent un endroit où planter notre tente, nous invitent à leur table et à nous conduire le lendemain matin au magasin de vélo le plus proche.

Les Gorges de la Cadière et un « dur » repos forcé

C’est donc avec un jour de retard, mais reboosté par cette nouvelle amitié, que nous partons de La Cadière. Il nous faudra de nouveau revoir l’itinéraire pour rattraper le temps perdu… Jamais depuis nos débuts de cyclo-voyageurs nous n’avons réussi à nous tenir à un carnet de route !

Ce ne sont pas les excuses qui manquent pour changer de plan :

  • une recommandation par un local
  • un spot de bivouac magique placé trop tôt sur notre route,
  • une pause-baignade qui se prolonge
  • un pépin mécanique…

Nous reprenons la route pour nous rendre rapidement au pied du Mont Aigoual, au Vigan. Nous profitons d’une des rares voies vertes des Cévennes. Il s’agit de celles qui relie Ganges à Sumène, début du tronçon MA-14.

Voie verte de Ganges à Sumène

L’Aigoual, quand les conditions climatiques décident pour nous

Nous débutons l’ascension du Mont Aigoual l’après-midi, sans grande difficulté, par le tronçon MA-2. La chaleur et le manque d’ombre nous accablent un peu et Kiwi préfère rester dans la carriole. Heureusement, nous ne sommes qu’en mai ! Mieux vaut faire les Cévennes méridionales au printemps ou en automne, ce sont les meilleures saisons.

Nous arrivons au Col de la Cravate. En guise d’adieu aux Cévennes Méridionales, nous plantons la tente dans le jardin d’une gentille dame. La vue depuis ce jardin est exceptionnelle !

Un réveil tout en beauté au Col de la Cravate

Nous nous réveillons avec une mer de nuages à nos pieds. Quelques îles montagneuses émergent de l’horizon. Nous reprenons les vélos et quittons la D48 pour nous diriger vers le plateau de Montals et les Cascades d’Orgon. Ici, nous faisons un petit break à pieds pour les admirer d’en haut. Cette petite route très bucolique confirme notre envie de modifier le tracé du tronçon initialement prévu. Nous ferons passer le tronçon MA-2 par ici. C’est décidé !

Arrivé à L’Espérou et puis au col de la Serreyrède, le temps à vite basculé du très beau à la purée de pois humide. Ce sont les joies du Mont Aigoual.

Il est encore tôt mais nous avions une grosse envie de profiter des vues du Mont Aigoual.

Déception : dans ce brouillard dense, ce n’est pas possible. Il faut savoir qu’avec ses 240 jours de brouillard et 2 mètres de pluie annuel, le Mont Aigoual ne montre pas ses secrets si facilement… Ce n’est pas grave, adaptons-nous !

Nous décidons alors de rester sur place et d’en profiter par aller nous balader à pieds dans l’arboretum de l’Hort-de-Dieu. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la politique de reboisement du Mont Aigoual au début du 20ème siècle. Avec un peu de chance, le soleil sera de la partie demain matin.

la vue au Mont Aigoual avec et sans nuages

Retour par…les Alpes à vélo ?

Certes, il manque des plages de sable mais le versant Nord de l’Aigoual nous montre un nouveau visage des Cévennes.

Nous sommes maintenant à Cabrillac, sur le tronçon MA-1, parsemé de genêts en fleur. C’est déjà notre dernière journée et il nous reste encore à vérifier 2 tronçons. Le premier est une magnifique surprise ! On ne s’attendait pas à être si dépaysés par ce paysage qui nous rappelle les alpages des pré-Alpes. Le tronçon MA-10, qui relie Cabrillac au Col Salidès est juste sublime !

Les Alpes cévenales

Le dernier tronçon à tester est une draille (piste autrefois utilisée pour la transhumance des moutons) qui traverse la Can de l’Hospitalet. C’est très beau ! Sur la dernière partie, les panoramas sur le Causses Méjean s’enchaînent. Le « micro-dénivelé » et la piste en très mauvais état pour nos vélos chargés et la remorque du chien nous font prendre la triste décision de ne pas valider ce tronçon.

Cependant, cette draille est magnifique pour les vététistes mais pour notre guide, plus adapté à un usage VTC/Gravel, elle est trop difficile et technique.

Notre périple touche à sa fin et nous profitons d’une petite glace à notre retour à Florac. Nous pensons déjà aux modifications à réaliser et aux prochaines sorties de reconnaissance qui nous attendent.

Notre objectif : continuer de découvrir et tester les plus belles routes de Cévennes à vélo et les partager avec vous.

Vue depuis la Can de l’Hospitalet
L’itinéraire vélo de la semaine

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